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Tony Oursler est né en 1957 à New York, où il vit et travaille actuellement. Il est reconnu comme l’un des précurseurs de l’art vidéo. Dès ses premières œuvres, c’est la vidéo qui va lui servir de catalyseur pour la création d’un univers totalement singulier, car elle représente pour lui l’espace d’accès immédiat à la culture populaire.

Il exploitera jusqu’à aujourd’hui l’outil vidéo et surtout celui de la projection qu’il utilise notamment avec des images de corps ou fragments de corps sur des sphères suspendues, ou des poupées posées sur le sol. Il nous transporte dans des univers spectraux posant la question de l’humain et du non-humain et tentant de reproduire les émotions de l’homme face à la monstruosité ou à l’inanimé.

Le son et les textes occupent une place de première importance dans son travail quant à l’impact qu’ils suscitent sur le spectateur. Il fait sortir le médium vidéo de son état hypnotique en le retirant de l’espace plat du moniteur pour le réinstaller à l’intérieur du monde.

Dans l’univers d’Oursler rien ne peut échapper au visible, (le bruit et la lumière font partie intégrante des dispositifs). L’image est omniprésente, sa projection constitue l’œuvre. Le spectateur est placé devant l’hégémonie de l’œil et du visuel. Les multiples acteurs virtuels d’Oursler délivrent un message, tout en entravant le sens, pour écrire une parabole de la non- communication.
Cependant, l’important pour lui n’est pas la vidéo en elle-même mais plutôt sa projection sur un support 3D. Il crée des univers qui peuvent paraître drôles au premier abord et qui se révèlent peu à peu lourds de sens.

Difficile de rester indifférent au monde de Tony Oursler tant la mise en scène est saisissante. D’ailleurs le spectateur fait partie intégrante des dispositifs. Passant entre les projections il devient un instant écran, modifiant l’œuvre par sa présence. Le monde que donne à voir Tony Oursler est une « société du spectacle », dans laquelle il est difficile de trouver sa place, où la communication est omniprésente sans que l’on puisse s’entendre. On peut penser à une déambulation de brouhahas audiovisuels, un univers entre architecture et art, dispositif et vidéo.

Du 24 octobre 2009 au 17 janvier 2010, il bénéficiera d’une rétrospective au Kunsthaus Bregenz en Autriche

Ses œuvres sont présentes dans les collections de nombreux musées, comme le Musée d’Art Moderne Georges Pompidou à Paris, du MOCA à Chicago, du MoMA à New York, de la Tate Gallery à Londres,…